Vous voulez vraiment donner du pouvoir au parti extrême X (FN, France insoumise, etc.)?
Il faut bien comprendre que dans ce système, personne n'a le pouvoir. Une fois cela acquis, au nom de quelle légitimité démocratique un parti ayant 20% des voix n'aurait-il aucun pouvoir? S'il trouve des alliés pour avoir 51% des voix à l'assemblée sur une de ses propositions, alors cette proposition mérite d'être adoptée au même titre que n'importe quelle autre.

La Vème est bien plus dangereuse en ignorant un parti au point de forcer les gens à l'installer seul au pouvoir pour que ses propositions soient prises en compte. Le FN est arrivé en tête au 2ème tour dans des centaines de communes. Trump a été élu. Ce n'est pas en cachant la colère sous le tapis qu'on la fait disparaître.

Comment la France Insoumise et le FN pourrait-il siéger dans le même gouvernement?

De la même façon qu'à l'assemblée. Si leur proposition obtient une majorité auprès des membres du gouvernement cela devient une proposition du gouvernement. La majorité simple assure l'absence de blocage.

Vous dîtes le peuple a toujours raison mais peut-on les laisser écraser une minorité?

Le risque est moins grand que dans la Vème République où une minorité malmenée par un gouvernement élu n'a aucun moyen de se défendre contre une loi.

  • le droit de référendum permet d'en appeler à la défense du peuple contre le parlement

  • le droit d'initiative permet de demander la reconnaissance d'un droit de minorité

  • enfin, comme dans la Vème, le droit supérieur (droit de l'homme, etc.) s'applique. Contrairement au système Suisse, nous proposons que ce droit supérieur soit explicitement abrogé par le peuple pour mettre en place un article constitutionnel qui ne le respecterait pas.

 

Enfin, de manière plus subtile, dans cette démocratie sans vainqueur, il n'y a plus de majorité simple. Plus aucun parti n'a le pouvoir seul. Tout le monde est donc une minorité en soi, à un moment ou un autre. Ceci limite à notre sens le risque d'écraser une minorité.

Vous militez contre la règle du 50%+1 pour le pouvoir mais vous défendez le référendum et l'initiative qui par définition repose sur le 50+1. Les 48,1% de britanniques qui ont voté non au brexit ne sont-ils pas ignorés?

Cesser d'ignorer les minorités est effectivement au cœur de cette réforme et la règle du 50%+1 est effectivement insatisfaisante en matière d'initiative et de référendum. Si vous avez des propositions pour améliorer cela, nous sommes d'ailleurs preneurs. Ceci dit, il est important de préciser les éléments suivants:

  • Le référendum et l'initiative sont une nécessité pour garantir que le peuple puisse avoir le dernier mot (et ne puisse plus rejeter la faute sur les politiciens)

  • Le référendum est plus utile comme menace que directement. Il assure que le gouvernement d'abord puis le parlement ensuite construisent un projet équilibré sous peine de le voir soumis et rejeté par référendum. Cela permet de tenir compte des minorités.

  • L'initiative concerne des articles constitutionnels. Le Parlement peut donc l'interpréter de différentes manières selon l'ampleur de la majorité lors de la conception de la loi d'application (La loi d'application peut être soumise à référendum afin d'éviter/limiter la trahison de la volonté du populaire).

  • Enfin le parlement peut soumettre un contre projet à une initiative. Ceci permet au peuple de nuancer sa réponse. (j'accepte l'initiative, j'accepte le contre-projets, si les 2 sont acceptés je préfère ...).

N'y a-t-il pas des droits supérieurs qui mériteraient d'être plus protégées qu'une simple majorité de 50% + 1 voix?

On peut imaginer qu'une partie de la constitution, notamment concernant les institutions de base et les droits fondamentaux, fasse partie d'une super-constitution qui nécessiterait une majorité qualifiée pour être modifiée (60 ou 65%).  Le peuple a toujours le dernier mot mais pour ces principes, il faut une large majorité pour en changer.

Pour être légitime cette super-constitution devrait être adoptée la 1ere fois par une telle majorité qualifiée.

Les français ne sont pas consensuels, ça ne marchera jamais! La culture politique française n'a rien à voir avec la culture politique Suisse, ça ne fait pas de sens.

Il est évident que ce système qui constituerait déjà un saut important depuis une démocratie de consensus classique avec coalition gouvernementale représente pour la France un saut encore beaucoup plus important.

Cependant notre analyse est que la culture politique découle du système et non le contraire. L'opposition stérile au gouvernement, l'esprit de revanche une fois au pouvoir, l'impossibilité d'admettre qu'il existe des points communs vient d'un système qui élimine tout le monde du pouvoir sauf un. S'il n'y a qu'une place, je ne dois jamais laisser entendre qu'un autre pourrait l'avoir et que ce serait acceptable.

Il est vrai cependant qu'il s'agit bien d'un changement radical qui sera compliqué au début pour les politiques de la vieille école. Mais le système que nous proposons est robuste. Contrairement aux mécanismes de l'UE, il ne grippe pas puisqu'il est basé sur la majorité et qu'une majorité existe toujours.

Enfin, il est certain aussi que ce système imposera des personnalités différentes puisque plus personne n'attendra le sauveur ou l'homme providentiel.

Est-ce qu'on va voter tout le temps? Est-ce que ça ne va pas coûter trop cher?

Pour répondre à ces questions, qui ne concernent que la démocratie directe, on peut reprendre l'exemple suisse. En Suisse, on vote en général sur une dizaines d'objets par an regroupées sur 4 dimanches par an.

 

Pour les coûts, en prenant l'exemple de la Présidentielle de 2012, on peut l'estimer à 150 à 200 millions d'euros par scrutins, soit environ 600 à 800 millions d'euros par an. Ce coût est donc loin d'être négligeable, mais 0,036% du PIB ou moins d'1€ par français et par mois, nous semble un coût raisonnable pour la démocratie.

S'il n'y a pas de majorité gouvernementale et donc pas d'opposition, n'est-ce pas la fin du débat politique? N'est-ce pas un gouvernement de technocrates?

Nous proposons de supprimer la majorité gouvernementale mais cela ne change rien au fait que sur chaque loi, il existe une majorité et une opposition qui ferrailleront dur pour faire valoir leurs idées.

Il s'agit donc pour nous au contraire d'une revitalisation du débat puisque celui-ci n'est plus bridé par la fidélité due au gouvernement ou le contraire. C'est donc bien les politiques au parlement qui font la loi et non plus la technostructure dans les ministères.

En gros, vous proposez l'auberge espagnole, quoi. Une politique doit être cohérente et pas partir dans tous les sens. Il faut un cap.

C'est une critique qui revient souvent et en effet le concept d'un gouvernement sans programme semble absurde au premier abord. Quelle entreprise n'a pas de stratégie? Un chef n'est il pas là pour donner sa vision et guider le pays?

Nous réfutons à la fois la réalité pratique d'un cap dans le système actuel et, au contraire, nous affirmons qu'un gouvernement de consensus a finalement en pratique un cap bien plus stable et lisible.

- Quel président a pu mettre en place son programme? Quel pays mène une politique parfaitement cohérente? Quel cap poursuit un pays qui alterne les gouvernements de couleurs différentes tous les 2, 3, 4 ou 5 ans suivant les systèmes? Qui  peut prévoir les conditions réelles? Qui aurait pu anticipé la crise de 2008, le Brexit ou la résurgence du terrorisme en Europe? Ce cap n'est qu'une illusion et en pratique le gouvernement s’adapte à la fois aux réalités extérieures et au rapport de force réel dans le pays. Un président est élu avec une majorité factice mais n'a de fait jamais une majorité réelle en faveur de son programme.

- Un gouvernement de consensus s'adapte aussi aux réalités extérieures du pays.mais par contre mène une ligne forcément en accord avec la majorité de l'opinion. Or cette opinion de la population évolue lentement et il faut en pratique souvent au moins 10 ou 15 ans pour qu'un consensus change. Ainsi la ligne du pays, non soumis aux effets de balancier est bien plus stable. Aux USA si une version d'Obamacare avait été adopté par réel consensus démocratique, il n' y aurait aucune chance pour qu'un parlement élu à la proportionnelle 2 ans plus tard veuille l'abolir.

AINSI NOUS ECHANGERIONS L'ILLUSION D'UN CAP POUR UNE VERITABLE COHERENCE POLITIQUE

Vous voulez faire de la France une Suisse? Vous voulez faire de la France un état fédéral? La Suisse est un pays de blanchisseurs d'argent, c'est ce que vous voulez pour la France? etc.

L'exemple démocratique suisse qui regroupe les 4 piliers:  exécutif non partisan, parlement élu à la proportionnelle, droits d'initiative et droits de referendum est très intéressant car il permet de démontrer non seulement la viabilité de la démocratie sans vainqueur mais aussi ses nombreux avantages.

Cependant, nous ne militons pas pour faire de la France une grande Suisse. Chaque pays a son histoire, sa culture, ses problèmes et ses priorités. Ce système institutionnel ne dit rien du caractère fédéral ou centralisé, ouvert ou fermé, libéral ou conservateur, etc. Il pose simplement un cadre qui permet au contraire aux souhaits propre du pays de s'exprimer

Que pensez-vous du tirage au sort? Un parlement de 1000 personnes tirées au sort ne serait-il pas plus représentatif?

Le concept de tirage au sort est extrêmement intéressant. Nous avons opté dans cette proposition de base de ne pas l'inclure pour 2 raisons: 1) nous ne voyons pas comment gérer un exécutif non partisan dans ce contexte 2) cela nous semble un saut politique plus important et donc plus difficile à mettre en place.

 

Ceci étant, on pourrait facilement imaginer une chambre haute tirée au sort et qui la plupart du temps éviterait un référendum. Elle aurait l'avantage d'être mieux informée et consultable sur chaque objet (contrairement au référendum) tout en étant très fidèle aux opinions du peuple.

Cela fait partie des nombreux points qui devraient être discutés dans une constituante

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