Des réponses aux problèmes de la Vème République

En appliquant les 10 principes fondamentaux de la démocratie sans vainqueur, une nouvelle constitution répondrait à beaucoup des critiques du système politique français en général et de la Vème République en particulier:

  • Réponses aux Faiblesses démocratiques

    • Critique: L'assemblée nationale n'est pas représentative des opinions de la population.
      Réponse: Une assemblée élue à la proportionnelle à 1 tour représente aussi fidèlement que possible les équilibres politiques du pays. En effet, elle reflète le vote de la population mais aussi elle supprime le vote par élimination du 2ème tour (je choisis X même si je suis peu d'accord avec lui car je le préfère à Y) et réduit fortement le vote utile. Tout parti pouvant atteindre 5% est un vote utile.
       

    • Critique: L'assemblée n'est qu'une chambre d'enregistrement des projets gouvernementaux
      Réponse: Le gouvernement à 5, 7  ou 9 membres ne représente pas une majorité contre une opposition. Lorsqu'il défend un projet, il ne défend pas l'étiquette d'un parti ou d'une coalition. L'assemblée n'a donc pas de raison de soutenir ou rejeter un projet par principe et peut s'intéresser au fond. De plus, le gouvernement n'ayant pas être défendu par des députés de la majorité ou de la coalition, tout député peut s'exprimer selon sa conscience. La notion même de frondeur n'existe pas. Le parlement reprend donc naturellement sa place et même la première place. Le gouvernement propose mais l'assemblée dispose.
       

    • Critique: Le chef de l'Etat est trop puissant et dirige tout, seul.
      Réponse: Non seulement, le chef de l'Etat n'est plus une personne mais  5, 7, ou 9 mais en plus, il n'a aucun pouvoir sans le parlement et ce parlement n'est pas à sa botte.
       

    • Critique: Le scrutin majoritaire à 2 tours force les gens à voter par élimination plutôt que par adhésion
      Réponse:  Le scrutin proportionnel à 1 tour évite toute notion de vote utile, du moins pour les partis pouvant atteindre les 5%. De plus, comme dans le système suisse, on peut imaginer que la constitution introduise la notion d'apparentement, c'est-à-dire, qu'une liste A apparentée à une liste B donne ses voix à la liste B si la liste A n'atteint pas le quorum de 5%. Ceci permet de créer une nuance d'opinion sans perdre de vue les "camps" globaux. Par exemple, on pourrait avoir M. Dupont Aignan, apparentée à une liste LR. S'il atteint 5%, il marque sa différence mais sinon ses voix ne sont pas perdus pour la droite.  
       

  • Réponse à l'incapacité à faire des réforme de fonds

    • Critique: Des sujets cruciaux, tels que la dette, la réforme du travail ou de la sécurité sociale ne sont pas traités ou seulement à la marge
      Réponse: un gouvernement représentant tous les partis principaux n'a rien à perdre à aborder un sujet sensible, puisqu'il n'y a pas d'opposition pour profiter d'un échec. De plus, étant élu pour 5 ans sans pouvoir être démis, il ne perd (presque) rien si le projet échoue à être adoptée par l'assemblée, contrairement aux régimes de coalition classique. De son côté, le parlement ne gagne rien à faire échouer un projet par opposition au gouvernement. Ce dernier regroupant tous les partis, c'est l'échec de tous. Ainsi, il y a moins de frein à mettre une sujet difficile à l'agenda et ensuite, il n'y a aucun intérêt à le faire échouer. En dernier ressort, l'initiative permet de mettre un sujet à l'agenda sans passer par les représentant, et le référendum permet de trancher une question délicate. 
       

    • Critique: Les réformes ambitieuses sont abandonnées suite à des manifestations
      Réponse: Le système favorise l'émergence d'une loi acceptable par la majorité du peuple. En effet, la majorité d'un parlement élu à la proportionnelle est censé reflété assez fidèlement les aspirations du peuple. En cas d'opposition farouche d'un groupe, il peut simplement provoquer un référendum pour appeler le peuple à trancher. Ainsi, la raison même  de la manifestation disparait, puisque chacun peut, relativement facilement, provoquer un vote et ainsi défendre sa critique de la réforme auprès du peuple qui en dernier lieu tranche. On peut tout à fait imaginer que l'écotaxe ou le mariage pour tous aurait provoqué un référendum qui aurait suscité un vif débat pendant 3 mois mais aurait ensuite clos la question, dans un sens ou dans un autre.
         

    • Critique: Les réformes d'un gouvernement sont annulés par le nouveau gouvernement, s'il est d'un autre bord et on n'avance pas.
      Réponse: L'absence de vainqueur enlève toute étiquette de parti à une réforme. La réforme ne peut donc être combattue que sur le fond, et non par opposition de principe. De plus, le système ne désignant pas de vainqueur, il n'y a pas d'alternance. Certains partis gagnent quelques points d'autres en perdent mais les équilibres politiques au sein de la population évoluent lentement. En France, entre 1974 et 1981 seuls 2% de l'électorat est passé de droite à gauche. Comment imaginer qu'un changement si faible puisse justifier une politique totalement différente entre les 2 septennats. Ainsi une loi acceptée par le parlement élu à la proportionnelle, et encore plus si elle est validée par référendum, a une légitimité qui va durer de nombreuses années à moins que des défauts évidents apparaissent. Dans ce dernier cas, le parlement corrigera la loi mais ne l'abrogera pas.
       

  • Inadéquation à la réalité politique du pays

    • Critique: La majoritaire favorise le bipartisme et ne permet pas de dépasser le clivage droite gauche ou la création de groupes mineurs comme les verts ou pendant longtemps, le centre
      Réponse:  Ce système sans majorité ni coalition permet de faire émerger le consensus démocratique, loi par loi. Ainsi le clivage droite-gauche n'est pas le seul qui peut s'exprimer. On peut imaginer une majorité PS, Mélenchon, FN plus quelques dissidents LR pour plus de souveraineté, si celle ci profite aux travailleurs, ou inversement une majorité LR-EM-PS sur des réformes sociaux-libérales équilibrées à même de satisfaire une aile plus économique et une aile plus sociale. Par ailleurs, la proportionnelle permet assez facilement à un nouveau parti ou un parti dissident d'avoir rapidement une représentation au parlement. Le système s'adapte donc naturellement aux évolutions de la société.
       

    • Critique: La majoritaire ne fait pas de sens avec une opinion divisée aujourd'hui en 4 groupes difficilement conciliables, le FN, LR, EM et la gauche Hamon-Mélenchon
      Réponse:  La proportionnelle résout parfaitement cette question et l'absence de vainqueur permet de n'exclure personne de la décision..
       

  • Perte de confiance à l'égard des institutions

    • Critique: Les promesses et les programmes ne sont quasi systématiquement pas respectés
      Réponse: Les promesses sont un artefact des démocraties avec vainqueur, et ce pour 2 raisons. D'une part, quand je suis dans l'opposition je peux dire que je ferais bien mieux au pouvoir puisque je n'y suis pas. D'autre part, le fait que j'aurai seul le pouvoir si j'étais élu, me permet de faire croire que je pourrais appliquer un programme radical, loin du consensus démocratique. Ceci d'ailleurs conduit inévitablement à la trahison des promesses. En effet, la France étant quand même une démocratie il est impossible pour un président dont le parti n'a recueilli que 20% des voix  au premier tour, et donc 80% de non-adhésion, d'appliquer ce programme de parti. Il va donc immanquablement trahir ce programme "idéal" pour une ligne plus centriste qui sera considéré comme une trahison par ses soutiens. La démocratie sans vainqueur rend caduque ces 2 raisons. Il n'y a pas d'opposition, vu qu'il n'y a pas de vainqueur et le pouvoir est par définition partagée. Comment promettre que le gouvernement fera ceci ou cela sans pouvoir savoir à l'avance si un tel projet obtiendrait une majorité interne au gouvernement, sans même parler du parlement. Cette absence de programme ne veut pas dire absence de politique, au contraire.  Chacun défend des valeurs et des objectifs avec ténacité lors du débat démocratique. S'il veut défendre un projet précis, sans majorité à l'assemblée, alors il fait une initiative populaire. La politique est donc vivace mais il n'y a pas de promesse de lendemains qui chantent.
       

    • Critique: Il y a un sentiment que la loi se fait contre le peuple pour le seul bénéfice d'une minorité
      Réserve: Le référendum et l'initiative affaiblissent beaucoup ces arguments en rendant en dernier ressort le peuple responsable des réformes ou de leur échec.
       

    • Critique: Le phénomène du P.R.à.F, Plus Rien à Foutre se développe avec une abstention record.
      Réponse: Les armes de l'initiative et du référendum, ainsi que le pouvoir d'élire un parti qui ne fait que 5% et de choisir ses candidats devraient limiter cette désaffection. Cependant en pratique, la démocratie suisse, seul exemple réel que nous avons, connait une forte abstention. Ceci est peut-être dû a la répétition des scrutins (4x par an) et/ou de la bonne santé économique. Cependant cette forte abstention pour chaque vote cache une abstention systématique faible. Seuls 20% des gens votent moins d'une fois tous les 4 ans.

Si l'ancien système suscite des critiques, le nouveau n'en n'est pas exempt non plus.


 

  • Facebook Long Shadow
  • Twitter Long Shadow
Nous suivre

"Enfin la démocratie" est une association souhaitant une réforme constitutionnelle en France appliquant les 10 principes fondamentaux  de la démocratie sans vainqueur

Qui sommes nous?

© 2017 par  l'association Enfin la démocratie

  • Facebook Clean Grey
  • Twitter Clean Grey
This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now