Des réponses aux critiques sur la démocratie sans vainqueur

La démocratie sans vainqueur, basée sur les 10 principes fondamentaux, n’est pas exempt de critiques. Les quatre plus communes sont l'instabilité liée à la proportionnelle, l’immobilisme, politique ou sociétal, « la porte ouverte au populisme » et son inadéquation à la France.
 

  • Une assemblée élue à la proportionnelle n'est-ce pas le retour à l'instabilité de la IVème république/ affronter les blocages comme en Belgique aux Pays-Bas/donner beaucoup de poids aux petits partis extrémistes nécessaires à une majorité? Tous ces maux ne viennent pas de la proportionnelle mais de la volonté de désigner une coalition majoritaire fixe. Construire une coalition majoritaire implique que les partis passent un accord de gouvernement, ce qui conduit à la fois aux blocages en amont et à l'instabilité ensuite: blocage en amont car chacun essayera d'obtenir un maximum avant d'entrer au gouvernement puisqu’ensuite il sait qu'il sera condamné au silence s'il ne veut pas faire tomber la majorité et donc le gouvernement auquel il appartient; instabilité ensuite car au moindre désaccord, l'opposition fera tout pour faire tomber le gouvernement en place et espérer ensuite prendre le pouvoir.  Le pouvoir de chantage des petits partis n'est qu'un effet de bord de ces deux problèmes.
    Dans un gouvernement sans vainqueur, tous les partis principaux sont au pouvoir, il n'y a donc pas de raison de faire tomber le gouvernement puisqu’on est déjà au pouvoir et que le poids politique de son parti ne peut être modifié qu'au prochain scrutin (qui a lieu tous les 5 ans par exemple).  En amont, il n'y a pas de blocage puisque le gouvernement est composé par les électeurs. Il faut penser le gouvernement dans un tel régime comme une mini assemblée. Il n'y a ni blocage à élire une assemblée. Celle-ci est élue, point. Et une assemblée ne s'auto-dissout pas. Les majorités se forment ensuite à l'assemblée objet par objet. Elles sont donc mouvantes et s'adaptent en fonction du sujet. Si un projet de loi est largement modifié voire même refusé par le parlement, ça ne remet pas en cause le gouvernement qui est élu pour 5 ans. Bien entendu un gouvernement va tout faire pour faire adopter son projet, personne n'aime avoir le pouvoir et n'avoir aucun effet sur la réalité. De même, l'assemblée n'a aucun intérêt à faire de l'opposition stérile puisque tous les partis étant au pouvoir, il n'y a aucun gain à mettre en échec le gouvernement. 
     

  • L'absence de ligne de gouvernement et d'homme, ou de femme, fort(e) ne conduit-il pas à l'immobilisme politique?:  les 10 principes fondamentaux sont au contraire une garantie contre l'immobilisme car la force de proposition n’est plus confisquée par le vainqueur. Tous les groupes d’intérêts, minorités incluses, peuvent proposer des modifications de la société conformes à leurs aspirations, que ce soit via leurs représentants au parlement ou directement via l’initiative populaire. Du coup, les propositions foisonnent et, par exemple, des questions actuelles telles que le revenu universel, le temps de travail ou  la transition énergétique ont déjà été débattues et soumises au vote en Suisse. Le système de décision majoritaire assure qu'il n'y ait aucun blocage au niveau du gouvernement.
     

  • Sans un gouvernement fort pour porter le changement sociétal, la société ne reste-t-elle pas sclérosée: on dit souvent que le peuple est conservateur, qu'il n'aurait jamais accepté l'abolition de la peine de mort ou le droit à l'avortement au moment où ces réformes sont passées. Il est possible que des réformes prennent plus de temps dans un régime de démocratie directe, mais quelle est la légitimité démocratique d’un changement sociétal controversé s’il est approuvé contre l’avis majoritaire? De plus, l'initiative permet au contraire aux minorités de porter directement ses revendications devant le peuple sans devoir compter sur le courage politique de représentant.
     

  • La démocratie directe, la proportionnelle, n'est-ce pas la porte ouverte au populisme et aux extrêmes: Il faut admettre une fois pour toute qu’en démocratie le peuple est adulte et peut décider librement. Le populisme, ce terme sous-entendant que le peuple n’est pas apte à décider pour lui-même, est contraire à la notion même de démocratie. Le but de la démocratie n’est pas de prendre la bonne décision, mais de prendre la décision la plus conforme au compromis des opinions de la population pour favoriser son acceptation par tous. En France, avec notre obsession toute platonicienne du beau, du bien et de l’idéal, du juste et du faux, nous avons tendance à penser que tout système doit garantir la solution la plus parfaite, mais ceci ne saurait s’appliquer à un adulte ou à la démocratie. Un adulte peut décider librement, y compris à ses dépens, car il en porte les conséquences.  Il en est de même avec le peuple. Le problème de nos démocraties n’est pas qu’il existe des groupes populistes mais qu’elles permettent à un homme, ou une femme, d’utiliser ce populisme pour accéder au pouvoir et ensuite gouverner seul, y compris au détriment du peuple. Dans ce système sans vainqueur, personne n’a jamais le pouvoir sur tous les autres. Il n’est dès lors pas illégitime que la partie de la population pensant que cette voie est juste soit entendue et influence les choix de société, mais uniquement à l’aune de son poids, pas moins, pas plus. Ce système est donc la meilleure garantie contre l’exploitation délétère du populisme par un populiste, et c’est bien cette dernière qui est réellement problématique.
     

  • Ce système peut être valide pour un petit pays neutre tel que la Suisse, mais pas pour un grand pays tel que la France, puissance nucléaire, militaire et diplomatique souvent engagée dans des conflits et dans la sécurité du monde de par son droit de véto au Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Cette question appelle une réponse en 3 points:

    • Du point de vue de l'action rapide du chef de l'Etat, la seule différence est qu'au lieu qu'un homme, ou une femme, décide seul, il faut décider à la majorité de 5, 7 ou 9 personnes. Un chef de l'Etat ne consulte-t-il pas bien plus que 9 personnes avant de prendre une décision aussi grave que d'engager l'armée ou l'arme nucléaire ? En quoi le fait qu’un groupe de 5, 7, ou 9 personnes se mettent d’accord, à la majorité, pour prendre des décisions d’envergure internationale serait-il un problème ? Ne serait-il pas au contraire rassurant que l’utilisation de la force nucléaire ou de l’engagement militaire ne dépende pas du choix d’une seule personne?
       

    • Du point de vue de la représentation internationale, l'exemple Suisse montre qu'un des ministres peut très bien se préparer sur les questions du sommet ou de la rencontre bilatérale à venir avec l'ensemble du gouvernement et ensuite aller défendre la position de son pays et négocier seul. Sachant qu'à son retour, il devra défendre ses positions auprès de ses collègues, puis éventuellement de l'assemblée, il ne s'engagera pas à la légère en trahissant la collégialité.
       

    • Enfin du point de vue de la taille du pays, certains pensent que 7 ou même 9 ministres ne sont pas assez. Le gouvernement français compte actuellement 17 ministres et 18 secrétaires d'Etat. En supposant que tous sont utiles, on peut imaginer que chaque ministre aient 5 secrétaires d'Etat qu'il nomme lui avec l'approbation du gouvernement. Ceci permet de conserver la taille réduite du gouvernement essentielle pour assurer une discussion franche à l'interne et une cohésion à l'externe, tout en offrant la surface de travail nécessaire à la gestion d'un grand pays.  Ceci permettrait en même temps de résoudre une bonne fois pour toute la question des gouvernements pléthoriques et des postes de complaisance. Le nombre de secrétaire d'Etat serait fixe et seule une décision du parlement pourrait créer ou supprimer le poste.

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